Le baromètre télétravail 2021 de Malakoff Humanis, publié en février, apporte une information précieuse : le télétravail est entré dans les usages, mais le temps plein n'est pas l'horizon naturel de tous les salariés. Fin 2020, environ un tiers des salariés du privé télétravaillaient à temps complet ou partiel, avec une moyenne de plusieurs jours par semaine.

Le chiffre qui retient l'attention est celui du compromis désiré : autour de deux jours de télétravail par semaine. C'est une donnée structurante pour l'immobilier d'entreprise, car elle indique que le bureau reste nécessaire, mais qu'il ne sera plus utilisé de la même façon.

Le télétravail n'est plus une exception

Avant la crise, le télétravail était souvent traité comme un avantage individuel ou une tolérance managériale. En février 2021, il devient une composante normale de l'organisation pour de nombreux métiers tertiaires. Même les entreprises réticentes doivent admettre que l'expérience a eu lieu.

Cette normalisation ne signifie pas que tout est réglé. Elle oblige au contraire à formaliser les jours, les équipements, les règles de disponibilité, les frais, les droits et les limites.

Deux jours changent déjà beaucoup l'immobilier

Un ou deux jours de télétravail par semaine peuvent sembler modestes. Sur un parc immobilier, c'est pourtant considérable. Si la présence se concentre sur certains jours, les bureaux peuvent être surchargés le mardi et vides le vendredi. Si la présence est mieux répartie, les besoins de postes peuvent évoluer.

La clé n'est donc pas seulement le nombre moyen de jours à distance, mais la manière dont l'entreprise les organise. Sans pilotage, le télétravail ne réduit pas forcément les surfaces ; il rend seulement l'occupation plus irrégulière.

Le bureau garde une fonction sociale

Le baromètre confirme aussi une fatigue du télétravail subi. Les salariés veulent conserver de la flexibilité, mais beaucoup ne souhaitent pas rester durablement isolés. Le bureau garde une fonction de socialisation, d'apprentissage et de coordination que les outils numériques remplacent mal.

C'est un message utile pour les dirigeants tentés par une lecture purement économique. Réduire les mètres carrés sans améliorer l'expérience collective peut affaiblir ce qui justifie encore le bureau.

Le modèle hybride devient le vrai sujet

Février 2021 marque donc le passage d'une question sanitaire à une question d'organisation. Le débat n'est plus pour ou contre le télétravail, mais comment combiner distance et présence sans perdre la qualité du travail.

Pour l'immobilier tertiaire, le baromètre dessine une évidence : le bureau de demain ne sera pas plein tous les jours, mais il devra être meilleur les jours où l'on s'y retrouve.

Sources et repères

Malakoff Humanis - Baromètre annuel Télétravail 2021, communiqué du 9 février 2021

Europe 1 - Près d'un tiers des salariés du privé en télétravail fin 2020

Preventica - Pour les salariés, la durée idéale du télétravail serait de deux jours par semaine