En juillet 2020, une question très concrète traverse les bureaux : peut-on rafraîchir les locaux sans augmenter le risque sanitaire ? Après le confinement, la chaleur d'été oblige les entreprises à regarder un sujet souvent invisible : la ventilation, la climatisation et la qualité de l'air intérieur.
L'INRS rappelle alors que les apports d'air neuf doivent être privilégiés, par ventilation mécanique si possible sans recyclage d'air ou par ouverture des fenêtres pendant les heures les moins chaudes. Dans les bureaux occupés par plusieurs personnes, la climatisation n'est pas interdite, mais son usage doit rester compatible avec des vitesses d'air faibles et un entretien régulier des installations.
L'air devient une composante de l'actif immobilier
Avant le Covid, la ventilation était rarement un sujet commercial majeur pour les utilisateurs de bureaux, sauf dans les immeubles très techniques ou les certifications environnementales. L'été 2020 change la perception. Les salariés posent des questions, les managers cherchent des réponses, les exploitants doivent expliquer ce qui circule dans les gaines et ce qui vient réellement de l'extérieur.
Un immeuble dont les installations sont connues, entretenues et documentées inspire davantage confiance. A l'inverse, un plateau ancien, mal ventilé, dépendant de ventilateurs individuels ou de fenêtres difficiles à ouvrir devient plus compliqué à défendre.
Le ventilateur individuel devient un faux ami
Face à la chaleur, la solution la plus rapide est souvent le ventilateur posé sur un bureau. Mais l'INRS alerte sur les vitesses d'air élevées produites par ces appareils, susceptibles de transporter des contaminants sur des distances importantes. Dans un local occupé par plusieurs personnes, leur utilisation doit donc être évitée autant que possible ou strictement maîtrisée.
Cette recommandation illustre bien le dilemme de l'été 2020 : une mesure de confort peut devenir un sujet de prévention. Le bureau ne se gère plus seulement à partir du ressenti individuel, mais à partir des effets collectifs d'un équipement.
La chaleur complique le port du masque
Le masque, déjà contraignant, devient plus difficile à porter quand la température monte. La transpiration, l'inconfort et la fatigue imposent des ajustements d'organisation : pauses plus fréquentes, horaires décalés, limitation des efforts physiques, accès à l'eau, rotation des tâches lorsque c'est possible.
Pour les bureaux, cela signifie que le confort thermique n'est pas un luxe. Il conditionne l'acceptabilité des règles sanitaires. Une entreprise qui demande un retour sur site sans traiter la chaleur, l'aération et les pauses crée rapidement une tension sociale.
Une nouvelle lecture des immeubles anciens
La crise remet en lumière une différence entre immeubles. Les bâtiments récents disposent souvent de systèmes plus faciles à contrôler et à documenter. Les immeubles anciens peuvent offrir des fenêtres ouvrantes et une ventilation naturelle intéressante, mais aussi des contraintes fortes selon la profondeur des plateaux, l'exposition ou l'état des installations.
Il n'y a donc pas de réponse unique. Le bon immeuble est celui dont on comprend le fonctionnement, dont on peut adapter l'exploitation et dont on peut expliquer les limites. En juillet 2020, la qualité de l'air cesse d'être un sujet d'ingénieur en arrière-plan. Elle devient un élément de confiance dans le retour au bureau.
Sources et repères
INRS - Covid-19 et travail par forte chaleur
DREETS PACA - Protocole national de déconfinement, étape 3, 24 juin 2020