Le deuxième confinement est un coup dur pour les espaces de coworking. Les bureaux partagés reposent sur la présence, la circulation, les rencontres, les abonnements. Or octobre 2020 remet tout cela sous contrainte. Les membres reviennent moins, les entreprises hésitent, les événements disparaissent.
Mais ce nouveau choc arrive dans un marché qui a déjà compris une chose : vendre seulement un poste de travail n'est plus suffisant.
Le poste flexible ne suffit plus
Au début du coworking, la promesse était simple : un bureau sans bail long, une communauté, des services inclus. La crise sanitaire montre que cette promesse est utile mais incomplète. Quand les utilisateurs ne peuvent plus venir, la flexibilité protège le client, mais elle fragilise l'opérateur.
Les abonnements courts, si séduisants côté utilisateur, deviennent une faiblesse côté gestion. Les membres peuvent suspendre, réduire ou partir rapidement. L'opérateur, lui, conserve son loyer, son personnel, ses charges, ses mètres carrés.
Les entreprises deviennent la cible stratégique
La sortie possible se trouve du côté des entreprises. Elles ne veulent pas nécessairement louer plus de bureaux classiques, mais elles cherchent des solutions d'appoint : salles proches des domiciles, espaces satellites, accès ponctuels pour salariés en télétravail, bureaux temporaires pour équipes projets.
Le coworking peut répondre à cette demande, à condition de parler le langage des directions immobilières et des ressources humaines : facturation claire, reporting, sécurité, confidentialité, conditions sanitaires, multi-sites. L'ambiance ne suffit plus. Le service doit devenir professionnel.
La proximité redevient un argument
Le confinement et le télétravail déplacent l'intérêt vers des lieux plus proches du domicile. Les salariés n'ont pas forcément envie de retourner cinq jours au siège, mais beaucoup n'ont pas non plus des conditions idéales chez eux. Un espace de proximité peut devenir une troisième option.
C'est une fenêtre pour les opérateurs situés hors des quartiers centraux traditionnels. Les villes moyennes, les périphéries bien desservies, les quartiers résidentiels actifs peuvent capter une demande plus locale, moins spectaculaire mais plus régulière.
Un tri économique inévitable
Tous les espaces ne survivront pas. Ceux qui dépendaient uniquement d'une forte occupation quotidienne et d'événements fréquents sont exposés. Ceux qui ont une base de membres solide, des coûts immobiliers maîtrisés et une offre réellement modulable résistent mieux.
Le reconfinement d'octobre 2020 ne condamne pas le coworking. Il l'oblige à grandir. Le marché devra choisir entre deux modèles : le coworking comme lieu lifestyle fragile, ou le coworking comme infrastructure flexible du travail hybride.
Sources et repères
CBRE France — Coworking : l'âge de la maturité
CBRE France — De la crise aux opportunités, pourquoi le coworking ?