Pour les assujettis au décret tertiaire, 2024 n'est pas une année de pause. Les consommations 2023 doivent être déclarées dans OPERAT et la qualité des données devient décisive. Après les premières campagnes de déclaration, beaucoup d'acteurs ont compris que le sujet n'était pas seulement réglementaire : il touche à la connaissance réelle des immeubles.
Propriétaires, preneurs, syndics, exploitants et directions immobilières partagent souvent des morceaux d'information. Les compteurs ne sont pas toujours correctement affectés, les surfaces peuvent être mal qualifiées, les usages évoluent et les justificatifs se dispersent entre plusieurs prestataires. C'est précisément cette fragmentation que la déclaration annuelle met en lumière.
La donnée énergétique doit être réconciliée avec l'usage
Comparer des consommations sans comprendre l'occupation, les horaires, les équipements et les travaux conduit à de mauvaises décisions. Un immeuble tertiaire peut consommer moins parce qu'il est performant, mais aussi parce qu'il est partiellement vide. A l'inverse, une hausse peut révéler un usage plus intensif ou un défaut d'exploitation.
La déclaration OPERAT doit donc être préparée avec une lecture métier : quelles surfaces sont concernées, qui consomme quoi, quelles actions ont été menées, quels écarts sont explicables et quels écarts appellent un plan d'action ?
Le bailleur et le locataire doivent sortir du face-à-face flou
Le décret tertiaire impose une coopération concrète. Le bailleur peut détenir les données techniques du bâtiment et le locataire celles liées à son activité. Sans méthode commune, chacun risque de déclarer trop tard, trop partiellement ou avec des hypothèses difficiles à défendre.
Les annexes environnementales, comités de suivi et clauses de partage de données deviennent donc des outils utiles. Ils permettent de fixer les responsabilités, de documenter les actions et d'éviter que la performance énergétique ne soit renvoyée à l'autre partie.
2024 doit servir à industrialiser le suivi
La conformité minimale consiste à déposer une déclaration. Le pilotage sérieux consiste à construire une trajectoire : référentiel fiable, collecte régulière, tableau de bord, programme de travaux, actions d'exploitation et suivi des économies réelles.
Les actifs tertiaires qui savent produire une donnée propre prendront de l'avance. Ils répondront mieux aux exigences réglementaires, aux demandes des grands utilisateurs et aux attentes des investisseurs. OPERAT n'est pas seulement une plateforme administrative. C'est un révélateur de maturité immobilière.
Sources et repères
Ministère de la Transition écologique - Eco Energie Tertiaire