L'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin 2024 intervient au moment où l'immobilier commençait à espérer une amélioration financière après la baisse de taux de la BCE. Pour le tertiaire, elle ajoute une incertitude politique à un marché déjà prudent.
Les décisions immobilières dépendent de variables longues : fiscalité, budget public, normes, aides, financement, confiance des entreprises et stratégie d'implantation. Une période électorale rapide ne bloque pas tout, mais elle incite à attendre lorsque le dossier n'est pas urgent.
Les investisseurs détestent moins le risque que le flou
Un investisseur peut accepter un risque s'il sait le mesurer. L'incertitude politique est plus difficile à modéliser, car elle touche plusieurs paramètres à la fois : coût de la dette française, fiscalité immobilière, dépenses publiques, normes environnementales ou politique du logement.
Dans un marché peu liquide, ce flou suffit parfois à décaler une décision de quelques semaines ou quelques mois.
Les utilisateurs peuvent aussi temporiser
Les entreprises qui doivent signer un bail long regardent leur propre visibilité économique. Si le carnet de commandes, le recrutement ou les budgets deviennent incertains, la décision immobilière ralentit.
La prudence peut se traduire par un renouvellement court, une réduction de surface, un recours au flex ou une renégociation plutôt qu'un déménagement.
Un filtre de plus dans un marché déjà sélectif
La dissolution ne crée pas à elle seule la crise du tertiaire. Elle intervient dans un marché déjà confronté aux taux, à la vacance et aux travaux énergétiques. Mais elle complique le calendrier de reprise.
En juin 2024, le bon réflexe consiste à distinguer les actifs vraiment solides des dossiers qui ne fonctionnent que si toutes les hypothèses deviennent favorables. L'incertitude politique récompense la robustesse.
Sources et repères
Vie publique - Dissolution de l'Assemblée nationale
Le Monde - Immobilier et recrutement pâtissent du manque de visibilité politique