Le premier semestre 2024 n'efface pas le choc de 2023 sur l'investissement immobilier d'entreprise. Les volumes restent faibles et les bureaux demeurent sous pression. La baisse de taux de juin améliore le climat, mais elle ne suffit pas à réactiver tous les capitaux.
Les investisseurs cherchent des actifs dont le prix reflète vraiment le risque : vacance, travaux, durée des baux, qualité énergétique et profondeur locative. Le marché ne manque pas seulement d'argent. Il manque encore de points de comparaison fiables.
Les bureaux concentrent le doute
Le bureau reste la classe d'actifs la plus débattue. Les actifs prime, centraux et loués peuvent trouver preneur. Les immeubles secondaires exigent une décote ou un projet de transformation. Entre les deux, beaucoup de vendeurs et d'acheteurs n'ont pas encore le même prix en tête.
Cette divergence explique la lenteur des transactions. Elle ne disparaîtra qu'avec des ventes réelles, des expertises ajustées et des refinancements contraints.
Les segments alternatifs gagnent en attention
Hôtellerie, logistique, santé, résidentiel géré ou commerce utile peuvent attirer des capitaux lorsque leur revenu est lisible. Mais aucun segment n'échappe à la discipline des taux. Les investisseurs demandent désormais une histoire opérationnelle solide.
La diversification ne signifie plus acheter partout. Elle consiste à comprendre précisément pourquoi un actif gardera de la demande.
Une reprise par poches
Le S1 2024 ressemble à une phase de tri. Certains dossiers peuvent se débloquer, notamment si le vendeur accepte le nouveau prix du capital. D'autres resteront suspendus.
La reprise tertiaire ne sera donc pas une vague. Elle viendra par poches, sur les actifs les mieux documentés, les mieux placés et les mieux valorisés.
Sources et repères
BNP Paribas Real Estate - At a Glance 2024 S1 Investissement