Le premier trimestre 2024 confirme que le marché français de l'investissement immobilier d'entreprise ne redémarre pas uniformément. BNP Paribas Real Estate relève notamment la faiblesse des investissements en bureaux, tandis que l'hôtellerie bénéficie d'un regain d'intérêt. Le message est clair : les capitaux ne quittent pas l'immobilier, mais ils changent de hiérarchie.
Les bureaux portent encore les interrogations les plus visibles : vacance, flex office, travaux environnementaux, coût de la dette et incertitude sur les valeurs. Les actifs hôteliers, eux, profitent de la reprise touristique, d'une lecture plus opérationnelle des revenus et d'une dynamique portée par les grands événements.
Les bureaux doivent retrouver un prix d'équilibre
Le problème du bureau n'est pas l'absence totale de demande. C'est la difficulté à aligner le prix vendeur, le rendement exigé par l'acquéreur, le coût des travaux et le risque locatif. Tant que cet alignement n'est pas clair, beaucoup d'investisseurs restent en observation.
Les actifs prime, loués et performants restent défendables. Les immeubles secondaires ou trop exposés à la vacance doivent accepter une correction plus nette ou un projet de repositionnement.
L'hôtellerie raconte une autre histoire immobilière
L'intérêt pour l'hôtellerie rappelle que l'immobilier tertiaire ne se réduit pas aux bureaux. Les investisseurs recherchent des segments où le revenu peut progresser avec l'activité, où la demande finale est lisible et où la rareté des emplacements protège partiellement la valeur.
Cette attractivité ne supprime pas les risques : exploitation, capex, normes, saisonnalité, concurrence et dépendance aux flux touristiques. Mais elle offre une narration plus positive que celle des bureaux en ajustement.
Le marché devient une allocation de convictions
En 2024, les investisseurs ne cherchent pas seulement une classe d'actifs. Ils cherchent une conviction : pourquoi cet immeuble, ce locataire, ce quartier, ce rendement et ce calendrier ? Les dossiers moyens auront du mal à passer.
Le T1 2024 montre donc un marché encore faible, mais pas figé. La reprise viendra par poches, là où le prix est devenu crédible et où l'usage final reste robuste.
Sources et repères
BNP Paribas Real Estate - At a Glance 2024 T1 Investissement France