La loi Industrie verte du 23 octobre 2023 vise d'abord la réindustrialisation et la décarbonation de l'appareil productif. Pourtant, elle concerne aussi l'immobilier tertiaire. Dès qu'il est question de foncier industriel, de planification régionale, de friches et d'implantations économiques, les bureaux, la logistique et les locaux d'activité sont dans le champ des conséquences.

La séparation entre industrie et tertiaire est moins nette qu'il y paraît. Une usine a besoin de bureaux d'ingénierie, de laboratoires, de formation, de maintenance, de stockage, de services supports et de logistique. Réindustrialiser un territoire, c'est organiser tout un écosystème immobilier.

Le foncier industriel devient planifié

La loi prévoit notamment une stratégie et une planification du foncier industriel à l'échelle régionale. Cette orientation s'inscrit dans un contexte plus large : ZAN, rareté du foncier, accélération des projets stratégiques, recyclage des friches et besoin de relocaliser certaines activités.

Pour les acteurs immobiliers, cela signifie que les opportunités ne se liront plus seulement parcelle par parcelle. Il faudra comprendre les priorités régionales, les sites d'intérêt, les infrastructures, les réseaux électriques, les disponibilités de main-d'oeuvre et les politiques locales d'accueil des entreprises.

La logistique est directement concernée

Une industrie verte a besoin d'une logistique compatible : approvisionnement, stockage, distribution, transport bas carbone, proximité des fournisseurs et des clients. Les entrepôts et locaux d'activité qui s'inscrivent dans une chaîne industrielle stratégique peuvent gagner en valeur.

Mais ils devront aussi répondre à des attentes plus fortes : sobriété foncière, performance énergétique, acceptabilité locale, limitation des nuisances et capacité à s'insérer dans des zones déjà équipées.

Les bureaux productifs reprennent de l'importance

La réindustrialisation ne crée pas seulement des ateliers. Elle crée des besoins tertiaires qualifiés : recherche, ingénierie, pilotage, achats, qualité, réglementation, finance de projet, exploitation énergétique. Ces fonctions ont besoin de bureaux, mais pas forcément des mêmes bureaux que les sièges traditionnels.

Les territoires capables de proposer un continuum entre site productif, bureaux techniques, formation et services aux salariés auront un avantage. Le bureau tertiaire peut redevenir un élément d'une chaîne productive, et pas seulement un espace administratif.

Une convergence avec la transition immobilière

La loi Industrie verte rejoint les autres transformations du tertiaire : réduction de l'artificialisation, décret tertiaire, décret BACS, recherche de friches, pression sur les valeurs et besoin de créer des actifs plus utiles. Elle pousse à regarder l'immobilier d'entreprise comme une infrastructure économique de long terme.

Pour les investisseurs, octobre 2023 invite donc à suivre les politiques industrielles autant que les cycles locatifs. Les territoires qui capteront les projets productifs décarbonés pourraient aussi redessiner la carte des bureaux, des locaux d'activité et de la logistique.

Sources et repères

Vie publique - Loi Industrie verte du 23 octobre 2023

Légifrance - Loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l'industrie verte

Landot - Publication de la loi relative à l'industrie verte