Le SIMI de décembre 2020 ne peut pas être un salon comme les autres. La crise sanitaire a touché au coeur de ce que l'immobilier d'entreprise vend habituellement : des lieux, des rencontres, des flux, des signatures, des projets visibles. Dans un format bouleversé, la filière cherche moins à célébrer le marché qu'à comprendre ce qui vient de lui arriver.
Depuis mars, les bureaux se sont vidés, les commerces ont fermé par intermittence, les entrepôts ont gagné en importance, les investisseurs ont réévalué le risque locatif et les collectivités ont dû repenser l'attractivité de leurs quartiers d'affaires. Le salon devient le miroir d'une filière qui ne peut plus se contenter de parler en mètres carrés.
Le bureau doit retrouver un récit positif
Le premier enjeu est évident : que vendre quand le télétravail a prouvé qu'une partie de l'activité pouvait fonctionner hors du bureau ? La réponse ne peut plus être seulement localisation, standing et surface. Le bureau doit être raconté comme un outil de collaboration, d'identité, de formation, d'innovation et de lien social.
Cette évolution n'est pas cosmétique. Elle influence les projets, les plans d'étage, les services, les engagements environnementaux et la relation bailleur-locataire. L'immeuble qui se contente d'empiler des postes paraît moins convaincant qu'un actif capable d'accompagner une organisation hybride.
La logistique sort de l'arrière-plan
La crise met aussi en lumière un autre segment : la logistique. L'e-commerce, les tensions d'approvisionnement et la livraison urbaine donnent aux entrepôts une visibilité nouvelle. Ce marché, longtemps moins spectaculaire que les bureaux prime, apparaît comme une infrastructure essentielle de l'économie connectée.
Pour les investisseurs, cette bascule compte. Elle ne signifie pas que le bureau disparaît, mais que la diversification des portefeuilles devient plus stratégique. Le risque sanitaire ne touche pas tous les actifs de la même manière.
Le climat ne disparaît pas derrière le Covid
Un autre point mérite attention : la crise sanitaire n'efface pas les enjeux climatiques. Au contraire, elle rend plus visible la qualité des bâtiments, leur ventilation, leur sobriété, leur capacité à être exploités finement. Les sujets ESG ne sont pas une parenthèse de marché haussier ; ils deviennent des critères de résilience.
Les utilisateurs veulent des espaces rassurants, mais aussi alignés avec leurs engagements. Les investisseurs veulent des actifs liquides demain, pas seulement loués aujourd'hui. Décembre 2020 rappelle que la crise sanitaire et la transition environnementale vont devoir être pensées ensemble.
Une filière en transition de vocabulaire
Le SIMI 2020 révèle surtout un changement de langage. On parle moins uniquement de surfaces et davantage d'usages, moins uniquement de loyers et davantage de services, moins uniquement de localisation et davantage d'expérience. Cette transition était déjà en cours ; le Covid l'accélère brutalement.
Pour tertio.immo, c'est un moment éditorial important. L'immobilier d'entreprise ne peut plus être raconté comme un simple marché de mètres carrés. Il devient un champ où se croisent travail, ville, santé, climat, logistique et stratégie d'entreprise.
Sources et repères
JLL - e-commerce et immobilier industriel pendant la crise Covid-19
BNP Paribas Real Estate - bureaux en régions impactés par la crise