Le débat sur le zéro artificialisation nette continue de structurer l'année 2025. La proposition de loi TRACE, examinée au Sénat, traduit la difficulté à faire accepter une trajectoire nationale de sobriété foncière dans des territoires aux besoins très différents.

Pour l'immobilier d'entreprise, la question est sensible : bureaux, entrepôts, usines, laboratoires, commerces et data centers ne peuvent pas tous se loger dans les mêmes tissus urbains.

La rareté foncière renchérit les bons sites

Quand le foncier constructible devient rare, les emplacements déjà viabilisés, bien desservis et acceptables localement prennent plus de valeur. Les friches, les zones d'activité vieillissantes et les bâtiments vacants deviennent stratégiques.

La sobriété foncière pousse donc le marché à recycler davantage, mais ce recyclage demande du temps, du capital et des règles claires.

Les collectivités arbitrent entre emplois et sols

Un projet logistique ou industriel peut créer de l'activité, mais consommer du foncier. Un projet de bureaux peut densifier un secteur, mais rester vacant s'il répond mal à la demande. Les élus doivent désormais arbitrer plus finement.

L'immobilier tertiaire ne pourra plus se développer par extension automatique des zones d'activité.

La lisibilité devient une condition d'investissement

Les entreprises peuvent accepter des contraintes si elles savent les anticiper. Elles investissent plus difficilement quand les règles changent sans visibilité.

En 2025, le ZAN oblige le tertiaire à prouver son utilité foncière. C'est une contrainte, mais aussi une invitation à mieux utiliser le parc existant.

Sources et repères

Sénat - Proposition de loi TRACE sur l'artificialisation

Le Monde - ZAN, les sénateurs entérinent de nouveaux reculs

Ministère de la Transition écologique - Artificialisation des sols